Le gaz naturel liquéfié (GNL) est du gaz naturel qui a été refroidi jusqu’à l’état liquide, à environ −162 °C, afin de faciliter son transport et son stockage.
À l’état liquide, le GNL occupe environ 600 fois moins de volume que le gaz à pression atmosphérique standard, ce qui permet son transport sur de longues distances sans recourir à des gazoducs.
La production de GNL est appelée liquéfaction du gaz naturel. Ce procédé consiste à refroidir fortement le gaz naturel jusqu’à son état liquide.
La méthode la plus répandue pour liquéfier de grandes quantités de gaz naturel est le procédé en cascade, dans lequel le gaz naturel est refroidi par un autre gaz, lui-même refroidi par un troisième gaz, d’où le nom de « procédé en cascade ».
Le transport intercontinental du GNL s’effectue à bord de méthaniers spécialisés. Ces navires sont construits en acier cryogénique et leurs cuves à double paroi fonctionnent comme d’immenses thermos afin de maintenir le GNL à basse température pendant le transport.
Le GNL est acheminé vers des terminaux méthaniers partout dans le monde. Il y est réchauffé et ramené à l’état gazeux lors d’un processus appelé regazéification. Il est ensuite transporté par gazoduc vers les distributeurs, les industriels et les centrales électriques.
La plupart des terminaux GNL sont situés à terre. Toutefois, le déploiement des unités flottantes de stockage et de regazéification (FSRU) permet aux pays émergents d’accéder au marché du GNL à plus petite échelle. Les FSRU sont des navires multifonctions qui combinent le stockage du GNL et des systèmes de regazéification intégrés à bord.
À l’état liquide, le GNL est inodore, incolore, non corrosif et non toxique. Le GNL liquide n’est pas inflammable, car il ne contient pas d’oxygène.
Le gaz naturel et le GNL sont les combustibles fossiles les plus propres : ils produisent environ 40 % moins de dioxyde de carbone (CO₂) que le charbon et 30 % moins que le pétrole, contribuant ainsi positivement à la lutte contre le changement climatique.
Au cours de la dernière décennie, le marché du GNL a connu des transformations majeures à l’échelle mondiale. Les capacités d’exportation de liquéfaction ont doublé au cours des dix dernières années. À eux seuls, les États-Unis sont passés de 2 milliards de mètres cubes (bcm) à 114 bcm. Au cours de la prochaine décennie, ces capacités devraient à nouveau doubler pour atteindre 260 bcm, sous réserve de l’approbation des projets de GNL proposés.
Du côté de la demande, les changements ont également été spectaculaires. Au cours des dix dernières années, plusieurs pays, dont l’Allemagne, la Finlande et le Bangladesh, ont commencé à importer du GNL. La Chine, par exemple, a quadruplé sa capacité d’importation durant la même période. Le marché s’est ainsi développé et diversifié pour devenir un véritable marché mondial.
Les principaux pays exportateurs de GNL aujourd’hui sont les États-Unis, l’Australie, le Qatar et la Russie.
L’Europe achète déjà 57 % de son GNL aux États-Unis, soit une part trois fois plus élevée qu’en 2021. Cette évolution accroît la stabilité des prix sur les marchés européens, l’indice américain Henry Hub étant nettement moins volatil que l’indice européen TTF.
Le GNL, et plus particulièrement le GNL américain, continuera à jouer un rôle essentiel dans la sécurisation de l’approvisionnement énergétique pendant la transition verte de l’Europe, car il s’agit du combustible fossile ayant l’empreinte carbone la plus faible. Il soutient la transition du charbon vers le gaz et complète les sources d’énergie renouvelable dépendantes des conditions météorologiques.
Un partenariat solide entre les États-Unis et l’Union européenne dans le domaine du GNL est crucial pour les deux parties. L’Europe a besoin du GNL américain pour couvrir des besoins essentiels en électricité et en chauffage, tandis que les États-Unis bénéficient des nombreux emplois créés par leurs grands projets d’exportation de GNL. Ce partenariat transatlantique devrait apporter une stabilité économique aux deux économies au cours des prochaines décennies.
Le partenariat énergétique transatlantique présente un autre avantage majeur : les routes maritimes entre les États-Unis et l’Europe sont stables et sûres. Cette sécurité du transport constitue un facteur essentiel, car elle garantit des livraisons fiables de GNL vers l’Europe.
Les crises géopolitiques rappellent deux réalités. Premièrement, le GNL est indispensable : sans lui, le système énergétique européen n’aurait tout simplement pas pu résister ces dernières années. Deuxièmement, le GNL n’est pas à l’abri des risques géopolitiques : il s’agit d’un marché mondial et, par conséquent, vulnérable aux perturbations mondiales.
MET a constitué l’un des portefeuilles d’importation de GNL les plus diversifiés géographiquement d’Europe. En 2025, MET a triplé son activité GNL avec 5,42 millions de tonnes par an (mtpa) livrées sur 17 marchés différents en Europe (Belgique, Croatie, France, Allemagne, Grèce, Italie, Lituanie, Pays-Bas, Espagne, Turquie et Royaume-Uni) et au-delà (Égypte, Jordanie, Inde, Chine, Japon et Corée).
Des approvisionnements en GNL diversifiés et des acteurs flexibles du marché, comme MET, sont essentiels non seulement pour la sécurité d’approvisionnement, mais également pour la stabilité des prix et la résilience de l’industrie européenne.
MET Group a adopté une démarche proactive pour sécuriser des contrats d’approvisionnement à long terme en GNL. En 2024, MET a conclu avec Shell un accord de dix ans portant sur l’achat de GNL américain, avec l’objectif de poursuivre le développement de son portefeuille de contrats à long terme. En 2026, MET et Shell ont signé un protocole d’accord non contraignant (MoU) visant à élargir leur coopération de long terme dans les domaines du GNL et du négoce de gaz. Par ailleurs, MET recevra en 2027 son tout premier méthanier détenu en propre, ce qui lui permettra d’étendre ses activités maritimes, aujourd’hui fondées sur des affrètements à court et moyen terme, vers un modèle intégrant la propriété de navires à long terme.