Une entreprise signe un plateau de 600 m² à Levallois. Deux semaines avant l'entrée dans les lieux, l'office manager appelle un fournisseur, reprend le numéro de compteur sur une facture laissée par le précédent occupant, et souscrit la même puissance que lui. Trois mois plus tard, le disjoncteur saute deux fois par semaine en fin de matinée.
Rien d'anormal dans cette histoire, sauf un détail : le plan d'aménagement avait été arrêté cinq mois plus tôt, par quelqu'un d'autre. Il prévoyait soixante postes là où le prédécesseur en avait trente-cinq, six salles de réunion fermées et climatisées, une cuisine avec deux fours et un lave-vaisselle professionnel. Le contrat d'énergie décrivait des bureaux qui n'existaient plus.
Ces deux décisions se prennent presque toujours séparément. C'est ce décalage qui coûte de l'argent, dans un sens comme dans l'autre.
La puissance souscrite se paie tous les mois, utilisée ou non. Elle constitue la part fixe de votre facture d'électricité, indépendante de votre consommation réelle.
Se tromper coûte dans les deux sens. En dessous de 36 kVA, une puissance sous-dimensionnée fait disjoncter l'installation : vos équipes perdent une matinée, et vous découvrez le problème en exploitation. Au-dessus de 36 kVA, le gestionnaire de réseau facture les dépassements. Dans l'autre sens, une puissance surdimensionnée par prudence se paie chaque mois pendant toute la durée du contrat, soit couramment 36 mois.
La facture du prédécesseur décrit son aménagement, son effectif et ses horaires. Elle ne dit rien des vôtres. C'est pourtant le document le plus souvent utilisé pour souscrire, parce que c'est le seul disponible au moment où l'on s'en occupe, c'est-à-dire trop tard.
La machine à café expresso mérite sa propre ligne, parce qu'elle est systématiquement oubliée. Une machine à grain de bureau appelle 1,5 à 2,3 kW, une professionnelle deux groupes monte à 3 ou 5 kW et bascule parfois en triphasé. Le moulin intégré, lui, ne pèse rien : quelques centaines de watts pendant six secondes. Ce qui pèse, c'est le maintien en température de la chaudière toute la journée, et le fait qu'on n'installe jamais une seule machine. Quatre salles de pause sur quatre étages, c'est un four professionnel réparti sur le plateau
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Période |
Côté aménagement |
Côté énergie |
Point de vigilance |
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S-12 |
Plan figé : postes, salles, cuisine, parking |
Récupérer le PDL (électricité) et le PCE (gaz) auprès du bailleur ou du précédent occupant |
Ces numéros ne se devinent pas. Les demander par écrit, dès la signature du bail |
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S-10 |
Bilan de puissance par l'installateur ou le bureau d'études |
Demander l'historique de consommation du site sur 12 mois |
Une courbe de charge vaut mieux qu'une moyenne annuelle |
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S-8 |
Devis travaux validés |
Mise en concurrence des fournisseurs avec la puissance cible |
Un devis énergie établi sans puissance cible est un devis à refaire |
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S-6 |
Commande des cloisons et du mobilier |
Signature du contrat, date d'effet calée sur le démarrage du chantier |
Un chantier consomme, et souvent plus que l'exploitation qui suivra |
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S-4 |
Travaux en cours |
Demande de modification de puissance si le bilan l'impose |
Quelques jours si le branchement existant le permet, plusieurs semaines s'il faut le modifier |
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S-2 |
Livraison et réception |
Demande de mise en service, 5 jours ouvrés minimum |
Pour le gaz, prévoir un accès au compteur le jour de l'intervention |
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S-0 |
Entrée dans les lieux |
Relevé des index, photo datée |
C'est votre seule preuve en cas de litige sur la période de transition |
Vous souhaitez être accompagné dans la souscription de votre contrat énergie ?
Six éléments suffisent, mais les six comptent :
la puissance cible, issue du bilan de puissance et non de la facture du prédécesseur
l'historique de consommation du site, si le bailleur peut le fournir
les horaires d'occupation réels
la date d'effet souhaitée, calée sur le chantier
le nombre de sites concernés, car une négociation multi-sites ne se mène pas comme un site isolé
Le quatrième point mérite qu'on s'y arrête. Un bureau en travail hybride ne ressemble plus à un bureau de 2019 : le mardi et le jeudi concentrent l'occupation, le vendredi est souvent creux. Cette courbe change le choix entre une offre à prix fixe, indexée ou variable. Elle change aussi le calcul de ce que votre mètre carré vous coûte vraiment, sujet que nous avons traité de notre côté sous l'angle du pilotage des bureaux par le coût d'usage.
Sur les étapes administratives de la souscription elle-même, MET France a détaillé la marche à suivre dans cet article.
Le bilan de puissance porte sur ce qui figure au plan d'aménagement. Une bonne partie de l'équipement arrive plus tard, commandée par les services généraux une fois les équipes installées : la machine à café qu'on remplace parce que la première ne suit pas le volume, le deuxième réfrigérateur, la fontaine à eau, les micro-ondes ajoutés au fil des mois, la borne de recharge commandée le jour où arrive le premier véhicule de fonction électrique.
Aucun de ces achats ne déclenche une relecture du bilan. Ils se branchent sur les circuits existants, et personne ne fait le lien, huit mois plus tard, entre une commande de mobilier de salle de pause et un disjoncteur qui saute.
Le réflexe à tenir est simple : garder le bilan de puissance comme un document vivant, avec une ligne ajoutée à chaque équipement raccordé. Cinq minutes par achat, contre une demi-journée de recherche de panne.
C'est le cas le plus fréquent aujourd'hui. Les effectifs bougent, les usages aussi, et beaucoup d'entreprises reconfigurent leurs espaces tous les dix-huit à vingt-quatre mois sans déménager.
Chaque reconfiguration qui touche à des cloisons traditionnelles rouvre le dossier technique : ventilation, éclairage, détection incendie, et parfois la puissance souscrite. Le coût des travaux est visible, celui de la reprise technique l'est moins.
C'est la raison pour laquelle une partie du marché passe à des salles de réunion modulaires, qui se montent, se déplacent et se redimensionnent sans travaux et sans reprise du plateau technique. La question énergétique redevient alors ce qu'elle devrait être : une donnée stable entre deux échéances contractuelles.
Ces échéances, justement, sont le bon moment pour corriger. Après douze mois d'occupation, vous disposez enfin de vos vraies consommations. Comparez-les à ce que vous aviez souscrit. L'écart est presque toujours instructif.
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À vérifier |
Pourquoi |
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Le plan d'aménagement est-il figé ? |
Sans plan figé, la puissance cible est une estimation, et vous la paierez pendant trois ans |
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La cuisine et les bornes de recharge sont-elles dans le bilan ? |
Ce sont les deux postes les plus souvent oubliés et les deux plus lourds |
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Les équipements de salle de pause y figurent-ils, y compris ceux qui seront achetés après l'emménagement ? |
Machines à café, fontaines et réfrigérateurs s'ajoutent au fil des mois, hors de tout bilan |
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La date d'effet couvre-t-elle le chantier ? |
Sinon les travaux consomment sur un compteur qui n'est pas encore au bon nom |
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Le PDL et le PCE sont-ils confirmés par écrit ? |
Un numéro erroné fait repartir le dossier à zéro |
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Le délai de mise en service est-il inscrit au planning travaux ? |
Cinq jours ouvrés minimum, davantage si le branchement doit évoluer |
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Les index ont-ils été relevés et photographiés à l'entrée ? |
C'est la seule pièce opposable en cas de litige de transition |
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Cet article a été rédigé par Slean, studio Workplace basé à Paris, qui conçoit et aménage des bureaux pour des PME, ETI et grands comptes. Slean a réalisé l'aménagement de nos bureaux de Lyon, 400 m² en centre-ville, à un moment où nos équipes passaient de 6 à 36 personnes en moins d'un an.